Association Pokanel Madagascar

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dimanche 20 avril 2008

De vous à eux

C'était dimanche dernier, une matinée très ensoleillée, parfaite pour soulager un peu la détresse de tous ceux présents à votre rendez-vous.

Au fokontany (l’équivalent d’une mairie) d'Ambodiafontsy, votre générosité convertie en sacs de riz...


Une amie, star de la chanson à texte, me citait hier soir Corinne Charby : "Et j'vis comme une boule de flipper qui roule avec les oreillers du cœur en boule", ben Corinne je te comprends, et vaut mieux les avoir solides les oreillers du coeur parfois.

Je ne vous fais pas de long discours, Corinne a tout dit et les photos parlent d'elles-même...

Bien avant 10h, les files d'attente s'allongent déjà devant le fokontany... Les regards sont inquiets, "et si mon tour arrivé, il n'y avait plus de riz ?"...
Madame Florentine Ramanambe a un mot rassurant et souriant pour tous...


L'équilibre est fragile... A chaque distribution, notre première préoccupation est que le calme demeure pour que l'opération soit possible...


Tout se passe à merveille, chacun est servi en kapoka de riz sur présentation de sa carte du fokontany, puis repart avec son précieux sac...


Les plus petits participent également...


Pause.
Cette petite fille, campée droite sur ses jambes, qui serre déterminée la toile de son sac contre elle, doit changer un tout petit peu en bien votre journée...

...

Au moment où la notion "d'influence" dans la blogosphère fait rage essentiellement au niveau du tour de cheville et du melon de certain(e)s, je salue l'influence véritable que d'autres peuvent avoir en communiquant sans rien attendre en retour, en soulageant concrètement une douleur, en redonnant souffle et énergie, en transmettant un petit truc humain et chaleureux en plus... Oui.

Un merci énormissime pour leur belle influence à Anne, Fisoan, Fressine, Laetitia, Charlotte, Frieda, Raphaëlle, Katia et K.

Le même merci aussi vif hors blogosphère à Sabine, Marion, Aurélie, Nathalie, Swahili, Emeline, Anita, Cécile, Frédérique, Anne-Emmanuelle, Marie-Laure, Béatrice, Isabelle, Gilles, Réjane, Chloé-Agathe et Chrystel.

Ce dimanche à Ambodiafontsy, une tonne de riz a été distribuée de votre part.

Cette joie reconnaissante est pour chacun d'entre vous de leur part à tous, alors hop un joyeux dimanche les amis !

lundi 14 avril 2008

News IV : toxic party, la suite...



La toxic party ou la soirée « Britney s'habille en hôtesse de l'air pour Pokanel » avait été mémorable…

Au cœur de Paris, un jeudi soir, un lounge nous invitait à boire de l’eau


Autant dire que nous n'avons pas trop malmené la nappe phréatique mais je resterai bien sûr discrète, toute ressemblance avec des blogueuses pouvant exister serait vraiment tout à fait fortuite…


De la blogueuse hype en veux-tu en voilà, des esprits déchaînés autour d’une histoire so romantic entre Ken et Barbie, et un concours de dessin de très haute volée about THE sourire bling bling de ma copine Fressine… Du très lourd et tellement de… talents méconnus destinés à le rester !
Petit extrait…


Au passage, j’ai remporté le concours, avec le dessin « le plus réaliste » selon Fressine, un peu effrayée par l’image carnassière de son sourire à 72 dents !
Réalité du modèle pour ne pas me faire traîner en diffamation… ;)


Donc ambiance à la discussion de fond sur les effets de la crise pétrolière dans l’équilibre du golfe arabopersique et récolte intensive de toxics puisque résultat…


15 kg d’antalgiques, antibiotiques,… tout ce dont a besoin le dispensaire d’Ambodiafontsy !

Par contre… Qu’est-ce que j’avais dit ?… Hum ?

Je vous laisse le temps de chercher…

J’avais dit… Oui, c’est ça !!!

Pas de médicaments périmés… et c’est quoi ça, là ?


C’est du machin qui ne se termine pas en ique et qui devrait être in the poubelle depuis 2004 ! Bravo, hein… Vous pourrez noter mon effort visuel pour fleurir le message à vous faire passer, je lis actuellement "manager par les tulipes"...

Bon, à part ça, vous avez vraiment assuré sur la toxic party, rien à dire, excepté bravo et merci puisque ce matin vos précieuses boîtes sont arrivées ici…


Qu’avec nos petites mains, le docteur Hanitra et moi avons tout bien rangé comme il faut…


Et c’est peut-être pas encore le Pérou mais à chaque pas on avance !


Moi je dis que l’été sera chaud, l’été sera chaud et qu’il faudra ensemble reboire de l’eau ! ;)

lundi 3 mars 2008

Pas à pas...

... on avance. Yep ! :)


Trois jours que j'essaie de vous poster un petit quelque chose sur une douceur malgache mais "le temps qui court, court, la la la...", bref vous savez. Mais votre "tonne" de riz grandit chaque jour et apporte aussi son lot de douceur.

Vendredi joli, j'arrêterai le temps (super pouvoir by Pokanel) ;-)

mercredi 27 février 2008

Votre riz

"Plus on est de fous, plus y'a de riz", j'emprunte à Katia le titre de son gentil mail pour vous dire un vrai grand MERCI au nom d'Anita, Mino, Agnès, Hery et Mme Ramanambe, à vous tous qui nous envoyez depuis hier vos kilos de riz sur PayPal.

Aussi injuste que soit cet Ivan le terrible, les corps éprouvés se relèvent et la persévérance, la leur, la vôtre, la nôtre aura forcément raison.

Je lis ce soir vos comms, vos mails, vos initiatives comme celle d'Aurélie qui organise une collecte en affichant mon post dans le couloir de son service informatique (là où en geek-buse je ne traîne jamais entendons-nous...), comme Anne qui relaie sur le web encore et toujours, et ça me rappelle que je ne suis jamais blasée d'être entourée de gens formidables, donc vous pouvez continuer ! ;)

Pour vous informer d'un simple coup d'oeil de la progression de votre sac de riz, je créé ce petit logo qui vous indiquera au jour le jour le nombre de kilos distribués grâce à vous tous. On part sur une tonne, d'accord ? Ou deux ? Ou trois ? Allez !

mardi 24 juillet 2007

En chemin (II)

Comment vous dire ?

Quels mots sauront vous transporter vraiment jusqu'à Ambodiafontsy ce 12 juin ?

Faudrait venir un jour pour comprendre. Au-delà des mots.

En vous attendant, ça va juste être l'histoire de plein de regards qui se croisent, d'accord ?

Ceux de Lova, Hery et Faniry sous le préau, ils viennent d'apprendre pour leur rentrée de septembre... [Pour ces yeux-là, j'en inventerais tous les jours des rallyes...]



Ceux des parents de Sandrah et Hajaina, heureux de signer pour bousculer ce fichu destin...



Signer vraiment, être acteurs de ce changement...


Et puis ceux de leurs chants, de leurs rondes, de leur allégresse...



Wouala, je vous ai tout dit.

Ah non ! J'allais oublier... Soyez en forme le 15, parce que ma Dream Team le sera, parce qu'on vous voudrait aussi vivants que les enfants de l'autre côté, là-bas. Avec des regards aussi enthousiastes et rieurs.

Vous savez quoi ? Vous n'aurez qu'à être formidables ! On n'a qu'à faire comme ça.

dimanche 22 juillet 2007

En chemin (I)

Au mois de juin, j'ai retrouvé pour une semaine mon taxi-brousse préféré, celui de la ligne G d'Antananarivo vers Ambodiafontsy.

Une semaine rythmée à Tana pour voir Mino, rencontrer et convaincre de futurs sponsors pour le prochain rallye parisien, travailler sur nos futurs projets au dispensaire, y apporter du matériel médical neuf et des médicaments, remettre les bourses d'études pour la rentrée de septembre et faire vos courses.

Donc ce 12 juin, j'ai retrouvé mon taxi-brousse sous le soleil, à côté d'Anosy.
A mon arrivée, il n'y a que 4 personnes à l'intérieur. Mais pas de fausse joie, les gens ! ça ne veut pas dire que ce matin, c'est voyage "chacun son siège et respiration pour tous", ça veut juste dire qu'on a le droit d'attendre jusqu'à ce que le bus soit vraiment plein pour peut-être espérer démarrer, d'accord ?

Alors l'attente commence... Pour aider le mouvement, je fixe chaque passant sur le trottoir en essayant de l'hypnotiser genre "Monte... Monte... Monte dans ce bus... Tout de suite !!!" mais on est loin de l'émeute, faut encore travailler la pratique...
A l'intérieur du bus, vous remarquerez l'affichage des règles à observer et le nombre de places disponibles. En position debout, c'est double zéro, c'est clair. Mais question nombre de places assises, un oubli malencontreux fera que vous ne vous étonnerez qu'au dernier moment que quelqu'un s'asseoit l'air de rien sur... vous.

Finalement, je suis un peu votre Gérard Majax du matin (avec des yeux qui font moins peur quand même) puisque le bus se remplit soudainement et notre caravane se met en marche.

Trente minutes plus tard, j'arrive à Ambodiafontsy, heureuse de laisser là mon "voisin du dessus" et son pull en laine qui m'a transformée en Bob l'éponge prête à rendre un litre d'eau...

Je quitte le bus et la route pour remonter la piste vers le village, direction l'école.
La distance qui m'en sépare me permet à chaque fois de me rappeler ce qu'on fait ici. Combien ce chemin-là compte pour Anita, Mino et moi, combien il est chargé de nos émotions partagées, parsemé de ce qui nous fait sourire, avancer ou nous révolte.
A chaque pas, j'entends la voix de Bebe qui nous rappelle si souvent combien la seule chose dont nous avons tous besoin est de courage, ce mot qu'elle nous offre avec amour et sagesse comme un talisman, je le vois partout. Tout sur ce chemin respire le courage, des femmes sans âge aux tout-petits déjà si grands. Du silence qui enveloppe les peines au sourire qu'on offre malgré tout.

mercredi 18 juillet 2007

La lettre



Elle est arrivée ce matin.

Postée du quartier d'Analakely, elle a voyagé pendant deux semaines.

Ce "Madame Nathalie" écrit avec application... L'expression me transporte immédiatement à Mada bien sûr, je n'ai qu'à me retourner pour être au marché, au milieu des petits étals multicolores.
Ce "Madame Nathalie" qui me colle aux oreilles où que j'aille, parce que j'ai beau dire "Pas besoin du Madame, juste Nathalie, ça sera très bien", c'est peine perdue...
L'usage veut qu'à Madagascar, on marque le respect envers son interlocuteur en faisant précéder son prénom du Mademoiselle/Madame/Monsieur, donc même si ici vous allez ricaner bêtement en pensant à "Madame Claude", à Mada ça n'a rien de drôlissime. Donc vous pouvez arrêter de glousser. Si vous croyez que j'entends pas...

La lettre dit que nous nous sommes croisées à Ambodiafontsy au mois de juin, qu'elle est allée chercher les parents de Faniry pour moi, qu'elle n'a pas osé venir me parler, qu'il y avait beaucoup de gens, trop pour qu'elle n'ose prendre le temps de chercher ses mots... Peur de manquer de temps pour me parler "directement"...

Je me replonge dans cette journée où j'ai remis les bourses d'études à l'école, j'essaie de me souvenir de l'arrivée des parents de Faniry, de qui les accompagnait, je devine une silhouette en blouse blanche, peut-être un visage, je ne suis pas sûre.

Je me rappelle que je suis restée deux heures à attendre en plein soleil, à fouler de mes tongs la latérite de la cour, parce que la directrice ne m'attendait que dans l'après-midi, que l'école était déserte, que le message n'était pas bien passé.
Je me rappelle que Mino faisait le pied de grue chez moi à Tana, que je l'ai appelée pour qu'elle déjeune sans m'attendre, qu'elle a dit "non, je t'attends", que j'avais oublié de prendre des bonbons pour les petits, qu'il y avait le mot Love cousu sur mon pantalon.

La lettre dit qu'elle s'appelle Jeannine, qu'elle est institutrice pour les plus petits et qu'elle ne parle pas le français. Mais qu'elle "doit" écrire cette lettre.

Je balaie ma mémoire pour en extirper une image, je revois tous ces petits tabliers bleus, les roulades dans l'herbe à l'insu de la directrice, les joyeuses bousculades autour de la caméra, les parents lissant leurs vêtements sous le petit préau, mais je ne vois pas Jeannine.
Il faudrait pouvoir tout capter, voir les signes, reconnaître les espérances, les regards, n'en rater aucun, ou ne jamais le savoir pour n'en regretter aucun.

La lettre est l'histoire de millions d'autres Jeannine à Madagascar, l'argent qui manque et l'école à quitter brusquement pour devoir travailler. Simplement.
Et puis une lettre pour inverser le destin de ses soeurs qui ne retourneront pas au collège en septembre. Ce n'est pas une supplique, juste une espérance, celle de "votre arrivée ici encore qui peut m'aider de résoudre l'écolage à payer. Selon la possibilité qu'il y en a".

Et tout parait si possible, quand on s'y met un peu.

J'ai un rallye à inventer et une lettre à écrire.

samedi 10 juin 2006

Alefa ! [Allez !]


- Tu es sûre ???

- Non... Pourquoi ?

- Ah bon... pour rien...

- Alors viens !

Non, je ne suis sûre de rien... J'en traverse des ponts très improbables en espérant qu'au bout tout arrive. Que face à la misère, on sourit encore. Que face à l'inertie, on ne s'assseoit pas. Qu'on puisse juste croire plus fort que tout soit POSSIBLE. Même lentement, même en reculant, même en se cognant, "tant qu'on marchera, on avancera". Alefa ! on n'est plus si loin du bout du pont...

vendredi 9 juin 2006

Rutilantes

Anita a bien du mérite... Gérer les finances de Pokanel relève du numéro d'équilibriste par grands vents latéraux quand je suis aux dépenses...

Mais je suis attentive à la voix de la raison... Là, par exemple nous avons fait une superbe affaire...



J'ai d'abord compté mes ariary ("dépense pas l'argent qu'on n'a pas"...), et je les ai vite achetées avant qu'un autre plus rapide ne reparte avec ! Elles sont superbes, non ?

"Mais c'est une horreur ! qu'est-ce que c'est que ces épaves ?!?" dixit Anita

Rhooo mais j'ai acheté les planches... Les planches, pas les camionnettes !!!

Equilibriste et drôle avec ça ;)

samedi 29 avril 2006

Arrêt sur images























Les briques s’empilent, la fin des vacances de Pâques a sonné la reprise, même si la dernière salle de classe manque encore, l’église en fait office pour le moment.
Mahery goûtera bientôt aux joies de l’école, les regards tendus vers l’avenir de Mialy et Seheno valent tous les discours, les brosses à dents dans la classe prouvent que le changement s’opère... il n’y a vraiment que supporter les feux de l’amour à 19h qui soit insurmontable… :-)

mercredi 26 avril 2006

Birthday





Le coeur de Pokanel bat depuis 2 ans !




MERCI A VOUS






lundi 10 avril 2006

Ambohijatovo et le caillou magique


Le dimanche, il semble toujours souffler comme un vent de sérénité sur Tana la bouillonnante. Moins de circulation, moins d’agitation.

Au parc d’Ambohijatovo, cet après-midi je me concentre au milieu des rires des enfants. Les trois prochaines semaines vont être intenses, ponctuées d’entretiens décisifs pour Pokanel, autant de rencontres à provoquer, de projets à monter, autant d’opportunités à saisir, d’essais à transformer, autant de kilomètres à parcourir. Quelqu’un me disait la semaine dernière que contrairement à une création d’entreprise où réussir s’impose de fait puisque le cas échéant la sentence est sans appel, nous n’avions pas la même pression au sein de Pokanel puisque l’échec éventuel de nos projets n’aurait pas pour conséquence notre faillite. Certes. Sauf que je n’envisage pas de retour possible à la case départ. Organiser le stand de la misère la mieux orchestrée ou vous coincer à l’arrêt du bus avec un speech bien pensant sur ce que Pokanel ferait avec le prix de votre cigarette, non merci. Nous n’envisageons pas de pouvoir utiliser une porte de secours, aussi rassurante que soit sa présence. Non, on se démène pour que ça marche autrement. Imaginer, proposer, distraire, étonner, faire découvrir, enthousiasmer, réussir… pour avancer, développer, construire, scolariser, soulager, soigner, sourire. C’est la seule manière dont on envisage l’avenir. Que nous voulons lumineux. Pas moins.

Sous le soleil d’Ambohijatovo, j’assimile donc les notions de tourisme culturel, tourisme durable, écotourisme, tourisme équitable, tourisme solidaire, leurs spécificités, us et coutumes. Je laisse par contre à Anita les subtilités de la comptabilité et de la fiscalité, monde merveilleux dont j’ai purement renoncé à l’accès depuis ces jours derniers où j’ai entendu le mot « taxe » sous toutes ses formes, environ 18645 fois. Erk.

Assise dans l’herbe, j’observe aussi le manège des fillettes qui descendent le toboggan en glissant accroupies sur les pieds pour ne pas abîmer leurs belles robes du dimanche. Depuis quelques minutes, je sens un petit groupe d’enfants qui me dévisagent en se poussant du coude, avançant vers moi d’un mètre toutes les trente secondes. J’essaie de ne pas rire et de graver ce que je lis dans mon cerveau. J’y suis presque arrivée quand je suis rejointe par la plus petite du groupe, sans doute aussi la plus téméraire.

De bonne grâce, Soa se présente en sautillant sur place, elle aura bientôt 4 ans, a un frère « plus grand » et une poupée nommée Daisy. Elle a aussi un petit caillou dans la poche qu’elle m’exhibe fièrement ; la pierre légèrement rosée fait l’objet de convoitises au sein du groupe apparemment... parce qu’elle est « magique ». Ah… magique, comment ? Elle « donne tout ». Hum…

Soa va-t-elle à l’école ? Non. « Parce que c’est trop cher ». Rien dans son ton ne trahit l’amertume ou la tristesse. C’est trop cher et on doit l’accepter, alors elle accepte. Les enfants à Madagascar ressemblent à des enfants sans en être tout à fait. Des enveloppes d’enfants avec un sens aigu du devoir et des responsabilités. Très jeunes. Trop mais la vie l’impose.

J’ai moi aussi au fond de mon sac un objet magique. Je sors ma caméra, prends une photo et retourne l’écran vers le groupe… Les enfants s’exclament de surprise et de joie en se découvrant à l’image. Les prises se répètent encore et encore. Les cris de joie amusent tous les parents aux environs. J’ignore combien ils sont à présent, cinq au départ, cinquante peut-être maintenant. Je propose qu’on s’assoit un peu pour chanter et se reposer de la dynamique séance photos.

Soa, à côté de moi, attrape ma main et commence à jouer avec mes doigts en les comptant, attendant que j’acquiesce après chaque chiffre, iray… roa… telo… efatra... dimy… Mais il me semble qu’elle a perdu un peu de son bel enthousiasme du début. Un peu déçue qu’on ne prenne plus de photos ? Non. Mais Soa trouve ma caméra « plus magique » que sa pierre… Ah.

Je n’ai malheureusement pas les moyens d’échanger ma caméra contre un caillou, fusse-t-il très très magique… Je redemande à voir la pierre et la regarde de plus près.

-Je ne suis pas d’accord avec toi Soa, je trouve ta pierre beaucoup plus magique que ma caméra !

-Non, elle ne donne rien !

Je mets la pierre à mon oreille

-Si. Elle est plus magique parce qu’elle parle...

-Non, elle ne dit rien !

-Chut, attends…

-Quoi ?

-Chut, je n’entends pas ce qu’elle dit…

-Qu’est-ce qu’elle dit ???

-Elle dit… elle dit que tu iras à l’école en septembre.

mardi 31 janvier 2006

Depuis Madagascar

Bonjour à tous

Nathalie dort (elle en a besoin et devrait le faire plus souvent !), je prends la relève.

Je crois qu'on ne le dit pas assez, pourtant Pokanel, le blog et tout ça n'existeraient pas sans Nathalie. Au passage, j'adore notre Dream Team ! ;-)

Les travaux de construction de la cantine commencent bientôt, malgré la pluie, on fera avec... et on attend notre chef de chantier qui atterrit sous peu...

Pour le rallye du 24 juin, munissez-vous : de toutes les encyclopédies de famille depuis les dix dernières générations, d'un cerveau de rechange, faites un mix de Fear Factor, Koh Lanta, Fa SI LA chanter, questions pour un champion, etc.... et servez chaud ! Plus qu'à savourer dans la bonne humeur ;-) A+

samedi 21 janvier 2006

Notre bilan 2005



Une année entre Paris et Tana, à travailler, avancer, se réjouir, construire, équiper, distribuer, se croiser, réussir, se tromper, et puis vous lire, vous rencontrer.



Pokanel en 2005 et en chiffres :

1 Vidal , 1 otoscope, 1 plateau de stérilisation, 1 marteau réflexe et 1 stéthoscope pédiatrique fournis au dispensaire d'Ambodiafontsy
3 enfants scolarisés : Sanda, Faniry et Voary-Fanantenana
10 bancs fabriqués
35 kg de petites fournitures scolaires, 60 kg de médicaments, 95 kg de vêtements distribués

Pour ça, Pokanel a voyagé, communiqué, phosphoré, organisé, négocié, chanté, ri, blogué, aimé,...









Pokanel en 2005, ce qui a changé :

On a créé notre blog en avril, l'occasion de faire la connaissance de plusieurs sympathiques VIB !

On n'a plus d'adhérents, chacun est libre d'être intéressé ou pas, Pokanel n'a plus que des membres fondateurs, son bureau est inchangé (Nathalie à la com, Anita aux finances, Mino à Mada).

On a développé nos partenariats, de grandes entreprises nous font déjà confiance dont la Compagnie Air Madagascar qui nous a renouvelée son soutien et sa confiance en 2006.

Pokanel en 2006, ce qui va changer :

Ne plus envoyer de fret à Mada.
Pourquoi ? D'abord parce que ça nous coûte très cher par rapport à la valeur des marchandises, 4 euros/kg, mieux vaut acheter les produits sur place avec l'argent économisé. Ensuite lutter contre la corruption des douanes est un sport qui nous me fait perdre notre mon calme quand 6 heures de rapports de force sont nécessaires après 11 heures de vol pour récupérer nos envois à Ivato. Entre pillage, chantage et bakchich, on dit STOP. Les mots peuvent vous choquer, moi c'est la réalité qui me choque !

Frustration et colère mêlées, on refuse d'avancer dans cet esprit. Nous commandons désormais nos médicaments auprès de Caritas Madagascar et allons les chercher directement à Antanimena.


En 2006, on réaffirme notre volonté de ne pas "vivre" d'appels aux dons mais de financer nos projets par le biais d'Evénementiel sur Paris. En plus de celui ouvert à tous (ex: le rallye du 24 juin prochain), nous assurons désormais des prestations de Team Building sur Paris destinées aux entreprises et agences de communication.

Le site web de Pokanel reste en construction, Rado notre webmaster étant au Tchad, on poursuit donc avec le blog, ce qui n'est pas un problème en soi.

Nos projets à Madagascar en 2006 :

La construction et l'équipement d'une cantine scolaire à Ambodiafontsy
L'achat du riz pour les repas de la cantine
La scolarisation de dix nouveaux élèves
L'achat des antibiotiques et antalgiques nécessaires au dispensaire

Parce que nous ne faisons rien seuls...

Merci à tous ceux (ils se reconnaîtront !) qui ont participé avec gentillesse et humour à nos actions en 2005, toute l'équipe de Pokanel se mobilise déjà pour que 2006 soit une année très constructive pour nos projets à Madagascar.

Nos actions n'auraient pas été possibles sans le soutien indéfectible de deux personnes chères à nos coeurs.

Merci infiniment à madame Florentine Ramanambe qui nous prodigue avec toujours le même enthousiasme, sa sagesse, son expérience et son précieux temps. Le même merci au Docteur Annette Ramanambe, de tout ce qu'elle fait pour Pokanel, toujours égale à elle-même, discrète et efficace.

Quant à moi, je suis fière (très) de faire partie de la belle aventure solidaire de Pokanel, entourée d'autant de dynamisme et de bonne humeur, merci pour ça aussi à mes joyeux complices Anita, Mino, Agnès, Rado & Hery ! Bienvenue à Vola, Ianja et Haingo qui nous rejoindront pour le rallye du 24 juin 2006 :-)

A très bientôt !

mardi 25 octobre 2005

Friends


Dans la vie quotidienne de Pokanel, il y a des hauts, des creux, des bosses, des rires, des coups de foudre, des envies, des rappels à la raison, des doutes, de l'énergie, un joyeux pêle-mêle qui nous fait avancer à notre rythme.

On apprend de tout... de ceux qui attendent qu'on se prosterne devant les chiffons qu'ils nous donnent "puisque c'est pour les pauvres", de ceux qui monnayent leurs généreuses propositions contre des fausses factures "mais ça se fait tout le temps", de ceux qui nous trouvent "trop réglos" pour finaliser des projets communs, de la condescendance la plus pure "c'est bien de montrer que même des Malgaches peuvent y arriver",...

A l'intérieur la colère qui boue bien sûr, à l'extérieur toujours prendre congé poliment, "non, merci". Je ne sais pas comment s'appelle ce que j'apprends en ce moment, une apparente tolérance à la bassesse peut-être.

Ce que je sais surtout et que j'aime, c'est la cohésion de notre équipe, cette même voix qui dit justement "non, merci". Quand Anita, Mino et moi avons décidé de créer Pokanel, on s'est donné trois "règles" à respecter :
  • Ne jamais faire de misérabilisme facile. Madagascar est un pays formidable à découvrir pour sa beauté et encore plus pour la richesse de sa culture et de ses habitants, volontaires et chaleureux. Certains y ont besoin d'un coup de pouce, on va essayer d'en donner quelques uns. Pour cela, donner envie aux gens en France de venir s'amuser à nos rallyes, soirées, etc, au profit de nos actions à Mada. Juste échanger de la bonne humeur ici contre de l'espoir là-bas.
  • Avoir une gestion rigoureuse et transparente. Toujours valider les dépenses ensemble, afficher un bilan annuel. Garder la maîtrise des projets que nous finançons, pas de délégation possible à une tiers personne. Nous finançons des projets, et ne donnons jamais d'argent directement.
  • S'arrêter si on perd le sens et l'enthousiasme de FAIRE.
Pourquoi j'écris ça aujourd'hui ? On ne compte pas s'arrêter, bien au contraire ! Mais la fin d'année approche et c'est l'occasion de réfléchir à ce nouveau bilan, ce qui a bien marché, ce qui est à améliorer, les erreurs à ne pas répéter,...

Parmi les jolis gestes qui ont accompagnés les actions de Pokanel cette année, il en est des silencieux et spontanés qui nous touchent... Celui d'Anne, de Tattum, d'Anitta, de Julie et de Jad qui nous accueillent gentiment sur leur blog sweet blog... A chacun son univers, à tous merci de leur soutien, on vous laisse faire connaissance !

lundi 24 octobre 2005

Ambodiafontsy


Madagascar, 12 octobre 2005

En route, destination Ampitatafika, à une dizaine de kilomètres d'Antananarivo.

Pour vous déplacer à Madagascar, vous avez le choix entre la voiture (si vous en avez une), le taxi (si vous en avez les moyens), le taxi-be (minibus collectif en ville) ou taxi-brousse (en campagne), la charette à zébu ou enfin vos pieds. Les périples chez Pokanel se font surtout au moyen des trois derniers. D'abord ça colle bien à nos finances, ensuite les belles rencontres sont assurées.

Si dans le métro, vous regardez votre voisin de travers aux heures de pointe, un petit tour en taxi-be ressuscitera votre sociabilité en sommeil. Faire ami-ami avec la poule inconnue qui caquette sur vos genoux vous y aidera assurément. Nana Mouskouri aussi, que vous aimerez dans sa reprise en boucle et à tue-tête du "Temps des cerises". Bref, le taxi-be pour Ampitatafika, c'est le bain humain préféré des Pokaneliens, sourires et échanges avec ses voisins au programme du matin.

Quand vous aperceverez le ravinala à gauche au loin, n'oubliez pas de crier "misy miala!" au chauffeur pour descendre à l'entrée de la piste vers Ambodiafontsy.
La piste traverse à gauche les rizières et les terres. Ces terres que les villageois creusent pour façonner les briques qui sèchent au soleil avant d'être empilées pour leur cuisson. Dès le lever du jour, le linge étendu dans l'herbe bariole déjà l'horizon.
Le plus court pour rejoindre l'école et le dispensaire est de couper à travers les champs, puis d'escalader la colline de latérite à droite et remonter la piste à travers les maisons aux greniers à riz. En chemin, vous croiserez forcément des enfants du village, sûrement rieurs et curieux, même si pour eux l'école commence et s'arrête aux grilles de l'enceinte du Sacré-Coeur. Inaccessible. L'écolage (frais de scolarité mensuels à Madagascar) rend difficile, voire impossible, la scolarisation des plus démunis.

En attendant de pouvoir faire plus, ce matin une petite distribution est prévue à leur intention. Feutres de couleurs pour égayer un peu les dessins, brosses à dents et dentifrices pour prévenir les caries, médicaments gratuits remis pour eux au dispensaire,... L'après-midi, je suis rejointe par Mino et Mme Ramanambe pour le tri et la distribution de tous les vêtements d'enfants collectés en France cette année, près de 95 kg.

Les cartons se vident au rythme des tas qui s'élèvent en fonction de la taille des vêtements. En une heure, tout est trié, plié, étiqueté, c'est l'effet "Mino-Efficacité" !
Les villageois se sont rassemblés devant le portail de la maison, il y a plus de deux cents personnes, une majorité d'enfants, ainsi que les femmes du village avec leur dernier né dans les bras. Une fois la distribution (très vivante !) terminée, chacun est reparti heureux des vêtements offerts comme le montrent les jolis sourires des enfants... Une nouvelle distribution aura lieu dans le cadre de la fête organisée pour les enfants à Noël.
A cette occasion, nous avons besoin de petits sacs à dos/cartables pour les écoliers, alors si vous en possédez dont vos enfants ne se servent plus, n'hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis de les récupérer.

Concernant ce voyage express à Mada, j'adresse un grand merci à Mino pour toutes les séances "phosphore" intensives et nos périples à Pochard, Tsaralalana, Mahamasina et Ambodiafontsy. Et un grand merci bien sûr à Mme Florentine Ramanambe, notre précieuse alliée sans qui rien ne serait si... possible ! ;-)

jeudi 20 octobre 2005

Sandra et Faniry


Madagascar, village d'Ambodiafontsy, 11 octobre 2005.



Sandra a 4 ans. Aujourd'hui, c'est son premier jour d'école. Timidité et joie mêlées.
Bien sûr, la rentrée des classes s'est faite il y a déjà un mois, mais ça n'a pas d'importance, Sandra sait que c'est sa rentrée.
Nous traversons la cour de latérite... à cet instant, je ne sais pas qui tient la main de l'autre.
Sandra a des parents attentifs, qui rêvent bien sûr du meilleur pour leurs trois enfants. D'un avenir meilleur que leur réalité.
Le père de Sandra fait des petits travaux de maçonnerie quand il en trouve (et il en cherche). La mère de Sandra cultive des brèdes sur un ruban de terre capricieuse, son dos courbé vers les précieuses feuilles. A eux deux, 150 000 fmg par mois, un peu moins de 13 euros. Pas assez pour vivre, trop peu pour inscrire Sandra à l'école de toute façon.
Des parents de Sandra, je ne sais rien de plus, je ne sais que le respect de nos rencontres et leur courage. Du courage, empreint de dignité, essence quotidienne dans un pays qui n'est pas seulement celui des lémuriens...

Sandra entre dans la classe des plus petits, elle rattrapera vite ce premier mois, les petits tabliers bleus se sont déjà tous regroupés pour accueillir la petite fille.
Demain, Faniry suivra Sandra, il a 3 ans et demi, même envie, même volonté, même situation, même coup de pouce.

32 euros, c'est le prix que Pokanel verse pour scolariser chaque enfant. 32 euros tout compris, pour ses inscription, écolage, fournitures, vêtements de classe.

























Cette rentrée scolaire est la première de Pokanel et on en veut plein d'autres. On marque cette journée d'une jolie pierre blanche pour se souvenir que tout est possible, qu'on peut sans trop de grands discours changer la vie, un peu, beaucoup, modestement. Cette journée a en tout cas changé la notre. On a maintenant cette envie chevillée au coeur d'aller plus loin, de faire mieux et plus, pour plus d'enfants !

Les projets 2006 prennent vie, résolument positifs et enthousiastes, on vous en parle très vite ! ;-)

vendredi 15 avril 2005

Notre bilan 2004




Pokanel souffle sa première bougie !

Ce qui a été fait :

Grâce à l’énergie et à la générosité de tous, le bilan de cette première année d’existence est résolument positif :

151 kg de matériel ont été envoyés et distribués à Madagascar :
95 kg de vêtements,
25 kg de médicaments et petit matériel médical,
26 kg de produits de première hygiène dont 623 brosses à dents, 141 dentifrices et 89 savons,
5 kg de fournitures scolaires.
Un stérilisateur, un tensiomètre et un stéthoscope ont été offerts au dispensaire Sacré-cœur d’Ambodiafontsy
Un tableau noir et dix bancs ont été offerts à l’école primaire d’Ambodiafontsy

Bien sûr, notre participation est symbolique, il y a tant à faire !

Nos réalisations -même modestes- sont concrètes, et la joie des petits Malgaches nous motive à poursuivre nos actions en cherchant à partager toujours plus.

Le 16 octobre dernier, la première édition de notre rallye culturel et pédestre a été l’occasion de mieux faire connaître l’association et que les membres et amis de Pokanel fassent eux aussi un peu plus connaissance.

Depuis le mois de novembre, nous travaillons également avec Rado, notre webmaster, à la construction du site Web de Pokanel, site qui on l’espère sera un lieu d’échanges entre tous. Première mise en ligne prévue début mars ;-)

Cette première année est aussi une première expérience, qui nous a appris que « vouloir aider » ne suffit pas pour bien faire…

Faire reculer la misère est un combat de tous les jours, dans lequel il faut aussi composer avec une réalité qui nous dépasse parfois… La corruption, les sollicitations malhonnêtes, les pressions… l’humanitaire peut prendre une drôle de teinte… Loin de nous rendre amers, cela nous a renforcé dans notre conviction de devoir être toujours plus rigoureux dans le montage et le développement de nos actions, et d’exiger la même implication de la part des gens que nous soutenons.

Pour pallier les « difficultés » du terrain, Mino et Mme Ramanambe se démènent efficacement sur place pour développer nos projets en veillant toujours à l’équité et la transparence de nos dons.

Nouvelle année, nouveaux projets…


Les projets 2005 :

Pour le dispensaire d’Ambodiafontsy :


Financer pour l’année l’achat des antibiotiques, anti-inflammatoires et antalgiques du dispensaire d’Ambodiafontsy


Financer l’achat du matériel d’extraction dentaire du dispensaire d’Ambodiafontsy

Fournir un Vidal

Pour l’école primaire d’Ambodiafontsy :

Financer 5 bourses d’étude pour les meilleurs élèves de l’école d’Ambodiafontsy

Campagne brosses à dents 2005

Fabrication de 20 bancs

Les objectifs 2005 :

Organiser le rallye pédestre de Pokanel dans Paris le 4 juin 2005 (à vos agendas !)

Créer le site Web de Pokanel et faire mieux connaître l’association et ses actions

Au nom des écoliers et des patients du dispensaire, soyez tous remerciés de vos efforts et de votre générosité !