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  • Pour la semaine de 5 jours...

    Quelqu'un me demandait ce week-end si la nature des événementiels de Pokanel (rallyes, soirées, team-building,...) qui est volontairement festive, me semblait toujours en adéquation avec la pauvreté et les souffrances que Pokanel essaie modestement de soulager à Madagascar ?

     

    Oui, parfois on me pose des questions sérieuses auxquelles je me dois de trouver des réponses d'une pertinence fulgurante... (Songez désormais comme la fonction humanitaire de Lady Di n'était pas facile tous les jours...). 

    pokanel,madagascar

    Dans le cas présent, c'est bien un parti pris de vouloir vous divertir et de rendre les choses légères, persuadés que de vous faire pleurer ne rendrait pas votre adhésion à nos projets plus... vive.

     

    Cela ne change rien au fait que nous savons pourquoi on le fait, qu'on assume complètement le grand écart supposé et que nous avons toujours à l'esprit la réalité des problèmes qui nous occupent. Mais on le fait avec le sourire, pour vous, et honnêtement aussi pour nous, parce que spontanément cette bonne humeur nous correspond. 

     

    Quant à LA question, je crois qu'on ne se la pose pas au-delà de la limite que l'on s'est fixée : le respect et la dignité des personnes que l'on aide. 

     

    Le résultat de votre joyeuse et future participation à la prochaine Toxic Party (soirée Blind test) du 7 décembre prochain par exemple, aboutira entre autres à la distribution de plusieurs tonnes de riz, soulagera la pénurie de médicaments aux dispensaires, comme ça a pu être le cas lors de la précédente édition...

     

    Flash back sur vos prouesses :

     

    En pleine organisation de l'opération RIZ, je découvre à la Une du journal ce matin la nième augmentation du prix du riz dans cette crise économique et politique qui n'en finit plus de rendre Madagascar exsangue. 

    pokanel,madagascar

    100 Ariary de plus, c'est +10% sur le prix du kilo de riz, cela porte aussi à 2% d'un SMIC malgache l'achat d'un kilo de riz...

     

    L'urgence se fait plus pressante encore que d'ordinaire, la faim fait des ravages chez les enfants déjà malnutris, et ma négociation ce matin chez le distributeur de riz d'Ampitatafika fut tendue.

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    Après avoir acheté les 5 tonnes de vary gasy (riz rouge sur la photo) nécessaires à la distribution de vendredi, je me rends à Ambodiafontsy pour les travaux de construction de notre futur puits.

     

    Sur la piste de l'école, je suis arrêtée par une villageoise accompagnée de son enfant.

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    La dame tente un sourire et me demande en malgache si j'ai quelque chose "à manger". Pas d'argent mais quelque chose à manger. Je n'ai rien sur moi mais lui explique que vendredi matin je pourrai au même endroit lui remettre 2kg de riz.

    Pendant que je parle à sa mère, je vois le petit garçon tordre continuellement ses doigts devant lui.

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    En me baissant pour lui parler, je découvre ses yeux cernés de fatigue et à demi clos. Il me souffle timidement "marary kibo aho" (j'ai mal au ventre) en s'accrochant à sa chemise, découvrant le début d'un ventre déformé par la malnutrition.

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    Une nouvelle fois, je rassure la dame qui s'inquiète de ne pas avoir à manger. Le riz. Au même endroit. Vendredi.

     

    "Aiza ny vary azafady ?" Où est le riz, s'il vous plaît ?

     

    Nouvelle explication. On est mercredi, le riz sera là vendredi. Dans deux jours. Je lui donnerai devant l'école. Je promets. Vendredi.

     

    "Ilay rahariva ?" Ce soir ?

     

    Vendredi. Pas aujourd'hui. Vendredi. 2 jours... Mais que font-ils encore là ces 2 jours ?!?

     

    Décidons d'abolir les mercredi et jeudi. Bien trop longs.

     

    Le propos du post d'aujourd'hui n'est pas de vous attendrir avec le début d'un ventre affamé. 

    Seulement vous dire que toutes ces aventures joyeuses dans Paris ou sur la toile, chaque fois que vous nous suivez avec bonne humeur et simplicité...

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     ... servent à rapprocher le vendredi du début de la semaine pour des centaines de personnes qui n'en peuvent plus de compter les jours. Dans notre lutte pour "la semaine de 5 jours", il y a votre bonne humeur. Définitivement.

  • Ceux qui partagent le même riz...

    A Madagascar, 75% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté.

     

    3 personnes sur 4.

     

    Pas cette pauvreté qui vous oblige à compter le moindre euro, vous prive de loisirs, de sorties, d’insouciance dès le 10 du mois. Un « seuil de  pauvreté » dont le mot adoucit encore la réalité de la situation : travailler dur pour espérer acheter le riz nécessaire aux repas du lendemain. Une autre façon de « vivre au jour le jour ».

     

    Il serait plus "juste" de dire que les ¾  de la population à Madagascar vivent en dessous du « seuil de la faim », sans même envisager de se loger, de scolariser ses enfants ou de payer un médecin.

     

    Un des paradoxes de Madagascar est d’exporter en quantité un riz de grande qualité et d’importer pour subvenir aux besoins de la population entre 150 000 à 200 000 tonnes de riz par an, essentiellement de la brisure de riz, bien moins chère que le riz en grains.

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    Le riz assurant 90% des besoins caloriques des Malgaches, Pokanel en achète plusieurs dizaines de tonnes par an et le distribue régulièrement grâce aux bénéfices générés par notre événementiel organisé à Paris et sur le web.

     

    Anita gère les comptes au plus près, nos moyens ne sont pas infinis.

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    Nous avons choisi de ne plus avoir aucun intermédiaire (ni chef de Fokontany (l'équivalent du Maire), ni acheteur, ni transporteur,...) pour éviter de se faire voler des sacs de riz, ainsi que toute corruption ou tout business personnel indélicat dans le cadre de notre action. 

     

    Par conséquent, l'organisation logistique est longue, tout est à traiter de A à Z, mais avec le même budget, nous achetons 3 fois plus de riz...

     
    Cela commence par le choix et la négociation des denrées dont nous avons besoin (riz rouge, voanjobory, patates douces,...) auprès des producteurs.
     

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    Une fois que nos stocks sont constitués, nous passons dans les 3 jours à la remise des aliments aux bénéficaires.

     

    Nos premières distributions de riz nous ont imposé d'adapter très vite l'organisation de l'action qui paradoxalement dans sa dernière phase -espérée positive et souriante- devenait un événement compliqué, électrique et angoissant. 

     

    Il est en réalité très difficile de contenir une foule, dans le calme, quand le stress est palpable chez chacun qu'il n'y ait pas assez de riz pour tous et où le premier mouvement de foule peut faire déraper les choses, que quelqu'un soit blessé ou pire... Vouloir "bien faire" ne suffit pas et peut tourner au fiasco, sorti de la réalité d'un contexte.

     

    Au-delà du stress et des risques, nous n'étions pas non plus à l'aise à voir ces files d'attente sans fin avec les gens à la main tendue, dans une position que nous ressentions comme "dévalorisante".

     

    Autant que faire se peut, nous sommes attentifs à faire que tout se passe dans la dignité et avec gentillesse, pouvoir prendre le temps de dire un petit mot d'encouragement, d'échanger un regard, un sourire, en faire un moment d'échange et pas seulement de don.

     

    D'où la confection avant chaque distribution, de bons de riz que les bénéficiaires seront libres d'aller échanger au moment choisi par eux, en fonction de leurs besoins immédiats ou pas, à notre lieu de stockage.

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    Ces bons de 2kg de riz sont distribués aux écoliers dans le cadre de nos opérations d'éducation de l'hygiène, de remise de prix, de goûters, ainsi qu'aux familles démunies dont les enfants ne sont pas scolarisés des cantons d'Ampitatafika, d'Ambodiafontsy et des villages environnants. 
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    Nous avons la sensation  d'avoir maintenant trouvé la formule qui convienne à tous (nous y compris) et d'être parvenus à donner vie à un proverbe malgache que nous aimons particulièrement au sein de l'équipe de Pokanel... "Izay iray vatsy, iray aina" pouvant s'interpréter comme "Ceux qui partagent le même riz sont unis dans la vie"

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    MERCI à chacun d'entre vous, participants enthousiastes à nos événements ! C'est vous qui rendez ce partage possible. 

    Izay iray vatsy, iray aina, le même riz, la même vie...