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Pokanel - Page 5

  • Le sourire de Hanja

    J'essaie de vite mettre de l'ordre dans toutes les listes des 800 enfants bénéficiaires de notre cantine gratuite à Tana. Pour l'instant, tout est manuscrit et en photos, un patchwork rose et blanc dans la mémoire de mon téléphone, si je ne savais pas ce que c'est, je trouverais cela artistique. Il faudrait que tout soit sous excel avant la fin du we pour qu'Anita puisse ensuite donner à l'ensemble, l'efficacité de la gestion et du suivi dont elle a le secret.

    Je me souviens du moment où on m'a donné la liste des petits orphelins, 51 enfants entre 3 et 9 ans qui dorment dans la rue et viennent à 6h le matin se laver au robinet de la cour avant le début de la classe à 6h30. 2 pages A4. J'ai fait répéter le nombre pour être sûre d'avoir bien compris. 

    -"Qu'est-ce que tu veux faire pour eux ? Tu les "prends" aussi à la cantine ?"
    -"Oui, on s'arrangera". Il y a des questions qui n'en sont pas vraiment. On ne parle pas d'une portée de chatons pour laquelle on se demanderait si on en sacrifie une partie, on parle d'enfants, de petits êtres humains... J'essaie de rappeler cette évidence à chaque fois que les chiffres seuls s'imposent dans les discussions à l'hôpital ou à l'école et que le fatalisme me glace. Nous n'avons pas encore la solution mais nous allons la chercher, donc nous en trouverons une... 

    À ce moment-là, le petit Hanja est entré avec son grand sourire et m'a dit "On va sur le chantier mesurer les tables ?" (Hanja et sa passion pour le ruban de 5m)
    -"Oui, on y va !"

    J'ai lancé un regard interrogateur au secrétaire pour savoir si Hanja était bien sur la liste afin d'avoir sa carte de cantine gratuite, il l'avait omis et a corrigé l'oubli en rouge. 52 donc. 
    Entre temps, nous avons trouvé une nouvelle idée de source de financement pour la cantine, c'est l'effet inspirant du sourire d'Hanja !

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  • Une de vos minutes

    Je suis sincèrement touchée par les propositions des personnes qui me disent "j'aimerais venir vous aider à Madagascar", j'en retiens toute votre gentillesse. Pour le reste, je pense que personne n'est prêt à vivre ce que nous vivons, parce que c'est la plupart du temps humainement insupportable. Ou inacceptable de le supporter.

    Dans le meilleur des jours, vous devez remplir le tonneau des Danaïdes, recommencer sans cesse ce qui a été mis en place la veille, soit parce que cela a été détruit par une inondation, soit parce que cela a été volé, soit parce qu'on vous a dit "d'accord pour demain" mais que le lendemain il n'y aura personne. Le pire des jours, vous aurez un enfant mort de faim dans les bras. Quelqu'un le déposera dans vos bras dans un linge sale en disant "maty izy" (il est mort) comme si allait émaner de vous le pouvoir de le ressusciter. Ce ne sera jamais le cas et la seule chose à battre dans vos veines sera le désespoir.

    La plupart des jours "normaux", vous serez au travail à 6h jusqu'à 22h, il n'y aura ni eau potable, ni électricité, il fera 30°C, il n'y aura pas la mer, pas de lémurien, pas de baobab, vous serez fatigué(e) et vous ne pourrez pas vous plaindre, parce que l'expression de votre fatigue pourrait être le gramme de fatigue de trop à supporter pour le reste de l'équipe.

    Pokanel aura 15 ans d'existence ce mois-ci, on pourrait avoir eu le temps de se "blinder" un peu, ce n'est pas le cas, et heureusement d'ailleurs, j'y vois le signe que nous ne perdons rien de notre humanité. Je pense qu'il est légitime d'être bouleversé(e) quand la situation est bouleversante, à part être cynique, je ne vois pas comment il en serait autrement. 

    Vendredi, Kevin me disait "Mais... tu pleures ?" dans le couloir du service pédiatrique. Je sortais de la quinzième chambre où des mamans m'avaient suppliée de sauver leur enfant d'une mort imminente en leur achetant du lait thérapeutique ou des antibiotiques, pour découvrir dans la salle suivante le petit Tsiresy âgé de 4 jours, sa maman est morte d'une fièvre puerpérale lors de l'accouchement, le bébé a contracté lui aussi la fièvre et se bat pour y survivre. Sa grand-mère a mis le petit dans mes bras en me disant "Sauvez-le s'il vous plait, emmenez-le avec vous", j'ai recouché le bébé, j'ai noté les médicaments nécessaires, j'ai parlé de courage, de courage et encore de courage je crois, et j'ai refermé la porte derrière moi. 
    Et quand Kevin m'a dit "mais tu pleures ?", j'ai dit "Oui, parce que c'est trop. C'est trop triste, trop injuste, trop brutal pour ce petit et sa mère, pour toute sa famille, parce que c'est d'un autre âge de mourir d'une fièvre en accouchant. Je pleure de trop de rage et de tristesse, laisse-moi pleurer et respirer une minute s'il te plait, une minute avant d'entrer dans la chambre suivante".

    Si vous voulez efficacement offrir une de vos minutes à Pokanel, nous vous en serons infiniment reconnaissantes. Vous pouvez la consacrer à trier vos médicaments non périmés pour notre pharmacie gratuite, à trier les livres de vos enfants de 3 à 6 ans pour notre bibliothèque, à rassembler vos pièces de 10 centimes ( = 1 repas) et celles de vos amis, collègues, famille pour notre cantine scolaire en faveur de 750 élèves de primaire malnutris et 50 orphelins de 3 à 9 ans vivant dans les rues d'Antananarivo. Vous pouvez envoyer les médicaments et les livres à Pokanel 109 rue du BAC 75007 Paris et déposer vos pièces sur la cagnotte paypal de la cantine ici : https://paypal.me/pools/c/8ayagzDSSq

    Merci de vos minutes qui comptent.


  • Mon mofo gasy

    Ce mofo gasy a une saveur particulière. C'est celui que m'ont offert à 8h30, Mme Vero, Mme Vohangy, Mme Dina et Mme Chantal, nos quatre cantinières. 
    Je sais ce qu'il représente : une manière pudique de me dire qu'elles sont contentes de travailler pour Pokanel, avec des règles à respecter, une organisation à laquelle elles doivent s'adapter, des responsabilités, mais aussi de la considération et un salaire décent pour nourrir leur famille. Tout est culturellement différent et à intégrer pour elles, les devoirs comme les droits. Et je trouve qu'elles s'adaptent très bien.
    Je savoure mon mofo gasy en regardant la cantine à l'extérieur, il a comme toujours le goût délicieux du riz sucré mais plus encore ce matin...

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  • Pause bis

    Après le marché, confection de petits bocaux oignons rouges-citrons verts-fleur de sel à la vanille, le tout dans le vinaigre blanc ! Réservés aux caïds de l'acidité :)

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  • Pause

    Tongolo sy vary gasy. 
    Oignons et riz malgache. 
    Le moment détente : prendre son temps au marché.

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  • Notre bibliothèque (la suite...)

    Fin des travaux de construction de la bibliothèque des 3-6 ans aujourd'hui et inauguration par des petits lecteurs impatients et heureux ! 
    Tous les meubles ont été dessinés et construits sur-mesure afin qu'ils soient à leur portée dès 3 ans, tout en étant surélevés par des piliers en maçonnerie pour être protégés des inondations. Les enfants n'ont plus qu'à en profiter...

    Encore merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à enrichir par leurs livres la bibliothèque de Pokanel à Madagascar !

    N'hésitez pas à continuer à envoyer vos livres pour les 3-6 ans à Pokanel 109 Rue du Bac 75007 Paris.

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  • Un peu de douceur

    Merci à tous de vos jolies peluches envoyées à Pokanel pour les enfants hospitalisés au service pédiatrique. Je les ai bien offertes de votre part cet après-midi à l'hôpital Befelatanana.

    J'avoue que retourner ce soir sur le chantier essayer de solutionner les problèmes techniques qui nous empoisonnent me parait tout à coup très simple... 
    Encore merci de vos cadeaux pour les petits.

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  • Notre cantine (la suite...)

    Un des challenges du jour : convaincre le propriétaire du champ de cresson qui se trouve derrière la cantine d'échanger pour chaque repas une bassine de cresson contre une assiette de riz-haricots de la cantine. 

    Le cresson est un légume formidable pour les enfants malnutris tant il est riche en vitamines et en calcium, mais il est cher et encore plus quand on en cherche pour 800 enfants par repas...
    Monsieur Jacques vendrait cette quantité 5000 Ariary au marché et le repas que je lui propose m'en coûte 500. C'était pas gagné d'avance mais le deal est passé ! 
    Le cresson passera dorénavant directement du producteur à nos petits consommateurs...

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    Je vous poste quelques photos même si je réalise que ce ne sont que des photos et qu'il vous faut en imagination les compléter, les agrandir en taille et volume...

    Hier, j'ai eu la visite sur nos chantiers de mon amie Neny et tout en lui faisant découvrir les installations, je lui expliquais l'organisation de la cantine et de la bibliothèque, je me suis arrêtée tout à coup parce j'ai vu dans son regard que Neny se disait "mais elle est dingue !"...
    - Tu as l'air d'être surprise mais tu le savais qu'on créait une cantine et une bibliothèque ? 
    - Mais oui, je le savais mais pas comme ça... Pas pour 800 enfants, et pas si grand ! La cuisine, tout ça... Pas si belle la bibliothèque, regarde tous ces livres, les meubles, tout ce que vous construisez, c'est génial ! J'imaginais pas du tout ça... 800 enfants, 800... Tu sais où tu vas ?? 
    - Oui, on y va... 

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    Faites tous un petit effort d'imagination pour compléter "le tableau" et encore merci de la part d'Anita et de la mienne de nous suivre dans les périples joyeux auxquels on vous propose de participer avec Pokanel !

  • Au menu

    Le moment où les petits traversent la cour pour me demander :
    - Est-ce qu'il y aura du bouillon patsa à la cantine ? (une marmite d'eau qu'on fait bouillir avec des micro-crevettes séchées les "patsa" qui parfument l'eau et le tout est censé tromper la faim et les estomacs vides)
    - Non, il n'y a pas de patsa, il y a du riz avec des haricots, des tomates, des oignons, du cresson et du bouillon de poulet...

    Trois secondes où les enfants réfléchissent à ma réponse.

    Puis j'ai sorti mon téléphone pour vous faire partager leur joie...

    Très belle journée à tous ! 

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  • L'inauguration de la bibliothèque...

    Inauguration aujourd'hui de la première partie de notre bibliothèque pour les enfants de 3 à 6 ans, tout n'est pas terminé à cause du retard dû aux inondations et pluies qui ralentissent le chantier mais on essaie de compenser en travaillant la nuit à la lumière de mon portable (avec de l'éclairage, ce serait beaucoup trop facile bien sûr).

    Ce matin, les enfants ont donc découvert une premier quart de leur bibliothèque, je vous laisse découvrir la suite en photos... Les enfants étaient à la fois ébahis, captivés, immédiatement communicatifs sur leurs découvertes respectives, très émus et fous de joie, littéralement. C'était magnifique. Ranto et moi avons été très privilégiés de vivre cet instant, résumé par cette petite fille de 4 ans à qui je faisais découvrir "T'choupi chez le docteur" :

    - Aiza T'choupi ? (Où est T'choupi ?)
    - Io izy e ! (Il est là !)

    En une seconde, la petite passe d'un grand sourire aux larmes...

    - Fa maninona indria ? (Oh pourquoi tu pleures ?)
    - Faly be izaho... (Parce que je suis heureuse...)

    [Message transmis. Un très GRAND merci à tous d'avoir généreusement offert vos livres]

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